Sunday, December 23, 2007

"Je suis un chat. Je n'ai pas encore de nom. Je n'ai aucune idée du lieu où je suis né"

Ces derniers temps, j'ai commencé à découvrir la littérature japonaise, et quelques uns de ses écrivains majeurs.

Le plus célèbre est sans aucun doute Sōseki Natsume, pour son œuvre immense, pour son ouverture sur le monde, enfin pour avoir influencé des générations d'écrivains après lui.
Je ne puis, comme le chat érudit de Sōseki, réaliser un panorama de la culture japonaise à l'ère de Meiji, ni avoir ce subtil humour propre aux vrais Edokko (Habitant d' Edo), mais je trouve fascinant d'originalité d'avoir su (en 1905-1906) faire parler un chat de la sorte.
Mais que dire du roman "Le Pauvre cœur des hommes"(1914) qui en trois actes nous transporte tout en douceur dans l'univers fascinant et complexe d'une existence ?

Ce roman est sublime car il procède par petites touches successives et accompagne le lecteur en analysant un moment de vie selon plusieurs points de vue, celui de l'élève qui débute dans la vie et celui du maitre qui fait le bilan de la sienne... Mais les personnages de Sōseki paraissent peu à peu échapper au cadre, ils prennent des décisions inexplicables sauf par leur sensibilité, leur cœur, un peu comme dans la vie. Et à la fin, on se surprend à se précipiter pour relire avec une vision plus mature le livre depuis le début.
Une amie japonaise me confiait que c'est un roman étrange que l'on aime à emmener au calme en vacances, "un livre à lire à la montagne ", et que chaque lecture offrait un point de vue nouveau. Amusant.

"L'éloge de l'ombre" (1933) de Jun'ichirō Tanizaki est un essai fabuleux par la légèreté, et la simplicité de son style. Tanizaki présente son opinion (à certains égards tout à fait contestable) sur l'esthétique de l'ombre dans la société japonaise. Tanizaki parle avec nostalgie et conservatisme (mais non sans humour) d'un Japon qui a disparu et entre dans l' ère industrielle. Certains propos de l'époque peuvent choquer et l'on peut sérieusement douter de son argumentation mais le point de vue est original. En quelque sorte, il est permis parler de tout mais avec du style ?

Friday, September 07, 2007

Caucase


J'ai oublié de parler de deux bouquins fascinant, le premier connu pour avoir défrayé la chronique et saturé l'actualité littéraire il y a quelques mois (peut-être aussi pour son poids qui rend sa lecture sportive dans les transports en communs) ... Vous avez deviné c'est "Les Bienveillantes" de Jonathan Little.

Mais pas la peine de revenir dessus. Tout à déjà été dit...

Le second livre "A la conquête du Caucase" de Éric Hoesli est un roman historique sublime sur le Caucase au 19 ème siècle, d'un éditeur plus discret (édition des Syrtes) ...

Mais pourquoi parler de ces deux romans ?

Ces deux auteurs partagent une passion (et une érudition) pour le Caucase, les lecteurs des "Bienveillantes" se souviennent du passage mémorable sur les différentes langues parlées dans le Caucase ... Et bien, la rumeur veut qu'ils se soient rencontrées par hasard lors d'une conférence, et qu'ils aient travaillés ensemble durant un mois avant la parution des "Bienveillantes" ... J'aime beaucoup cette idée que deux auteurs partageant une même passion pour cette région puissent avoir échangés leurs vues et écrits des ouvrages très différents.

J'avoue avoir été séduit par les descriptions et l'analyse de Hoesli sur cette région pour le moins mouvementée et montagneuse.

Saturday, September 01, 2007

Lectures en cours ...

Suite au post de jme (Aristote,Sénèque et... Moi...) sur les lectures de l'année, et aussi parce que je conseille à tous la lecture de cet excellent blog, véritable bouffée d'oxygène, perfusion de littérature classique, et peut être tout simplement parce que les lecteurs des Antimémoires se font rares. (OK, vous avez deviné "La Condition humaine" reste un de mes ouvrages préférés. Je ne suis pas impartial.). Je me lance.

Tout d'abord deux ouvrages sur les peintres contemporains :
  • "Les années Montmartre" de Dan Franck un petit livre facile à lire, bien écrit, sans prétention qui présente une tranche de vie de ces peintres (Picasso, Apollinaire...) de Montmartre.
  • Moins connu, "l'école de Paris" de Jeanine Warnod (fille du critique d'art André Warnod et née à Montmartre en 1921) contient une multitudes d'anecdotes captivantes sur les peintres de son temps
Plus littéraire, et finalement assez peu connu, "Mémoires de Hongrie" de Sandor Marais. L'écrivain se remémore sa Hongrie natale et navigue avec virtuosité dans les références littéraires (notamment russes).

"Peut-être avaient-ils peur de l'Histoire... Nul ne savait exactement ce que recouvrait ce terme,mais chacun y sentait une menace. Dans la préface de son dernier ouvrage, Toynbee, alors octogénaire, admettait que l'Histoire ne saurait préjuger de l'avenir : les hommes de demain, souligne-t-il n'agiront pas forcement comme l'ont fait, dans les mêmes conditions, ceux d'hier. A l'instar de toute oeuvre humaine, l'Histoire était arbitraire, capricieuse et imprévisible. Aussi l'attention se porta-t-elle sur la vie quotidienne, derrière laquelle les hommes devinaient une autre Histoire, plus vraie et plus authentique que la précédente."
(Mémoires de Hongrie, Chapitre 12, 3 eme Partie)

Et pour finir, le dernier livre de Orhan Pamuk "Istanbul Souvenirs d'une ville", autobiographie sur la jeunesse de l'écrivain, ses errances dans les faubourgs d'Istanbul, et surtout les fameux Yali du Bosphore, anciennes maisons en bois des pachas ottomans donnant sur le Bosphore, qui disparaissent peu à peu, victimes du feu, sous le regard d'une foule curieuse et contemplative.



Istanbul, c'est la mélancolie d'une ville qui, souvenir d'une illustre Histoire, laisse le promeneur avec ce sentiment de déclin propre aux grands Empires, mais aussi d'un futur écrivain en recherche d'identité tenaillé entre l'occident et l'orient.
Update : Wikipedia indique que l'auteur habite depuis quelques mois aux Etats Unis suite aux menaces de mort à son encontre. C'est triste pour la Turquie.

Saturday, April 14, 2007

Musée du Quai Branly

Le musée du Quai Branly en nocturne est assez impressionnant.
Une statuette Africaine digne d'un épisode de Star Trek

Sunday, December 03, 2006

Traits séduisants



L'illustration au service de la communication des marques, un livre d'Alain Lachartre.

Ce livre est un plaisir. Plaisir de naviguer au fil de ces illustrations comme celles, si légères, de Jean Philippe Delhomme pour "Le Bon Marché". Plaisir aussi de réaliser l'importance de l'utilisation de l'illustration dans le monde de la pub.
Les silhouettes d'Izak pour Chanel sont totalement magnifiques.

Peter Pan

Dans l'article télérama, une analyse tres interessante sur la vie de l'auteur de Peter Pan
http://www.telerama.fr/livres/M0611201234053.html

l’écrivain raconte qu’un jour, alors qu’une de ses sœurs lui demandait d’aller consoler sa mère, celle-ci le prit, dans la pénombre, pour son frère défunt. « C’est toi ? », interrogea la mère, s’adressant à la silhouette enfantine qui venait d’entrer dans sa chambre. « Non, ce n’est pas lui, ce n’est que moi », fut contraint de répondre l’enfant. Pour combler l’absence de son frère et tenter d’adoucir la peine de Mrs Barrie, James se mit à porter les vêtements de son frère défunt, à imiter ses attitudes et ses postures. Surtout, il en vint à être habité par la hantise de grandir, de dépasser l’âge fatidique de 13 ans auquel était mort son frère aîné : « Quand je suis devenu un homme, il avait, lui, toujours 13 ans. »

J'aime beaucoup le passage sur le fameux crocodile, métaphore du temps qui nous poursuit, et dont le tic tac terrorise le capitaine ...

Monday, November 20, 2006

Thorgal


Le sacrifice le 29ème album de Thorgal, le dernier scénarisé par Jean Van Hamme, le premier réalisé en couleurs directes, paraît cette semaine !

Update: apres avoir feuilleté l'album, je suis terriblement décu, il n'y a pas l'harmonie des couleurs et cette cohesion dans les paysages... Tres loin de scarbek.

Que veut-on et que faut-il vouloir ? (Paul Valery)

Edith Heurgeon réalise un essai remarquable sur le design : "design et prospective du présent pour co-construire des futurs souhaitables". Dans le meme ouvrage, "le design une immédiateté médiatrice" de M. Erlhoff présente une fabuleuse étude sur le design comme "re-création de la forme"

Cela faisait déjà quelques minutes qu'il était là, assis sur cette chaise anguleuse à regarder avec indifférence dans la glace accrochée au mur. Il s'aperçut toutefois que son visage, dans le miroir, se mettait à fondre dans sa largeur, puis à s'étirer en hauteur, tourner lentement sur lui-meme pour glisser dans les lointains, et finir quasiment par y disparaitre. Il regarda et regarda, en se suivant encore un certain temps lui-meme des yeux"

benjamin Leike, 2001 (cité par M. Erlhoff)

L'enfance militaire de l'écrivain algérien Khadra

Mon instinct de survie me tenait lieu de sagesse. Je m'accrochais.
Le petit chose, qui s'amenuisait en moi, refusait de s'étioler tout à fait. Il était amoché, grièvement esquinté, pourtant il tenait bon.
Une vie, c'est une histoire. Et une histoire c'est pas forcément un conte de fées. Elle est quelque chose qui arrive à quelqu'un, qui le conçoit ou le déçoit, le fait ou le défait, souveraine et immuable, intransigeante et inexorable. Ce qui importe, c'est ce que l'on en tire, pas ce qu'on y laisse.

Yasmina Khadra, L'écrivain

Sunday, October 22, 2006

Essai de logo sous painter


Une cerise contre nature

Etrange voiture et gardien méfiant



Super soirée vendredi soir sous le signe du cinéma.
Filtre néon sous GIMP sur une tuture inconnue (révèle au passage parfaitement la plaque).

Happy birthday Bene !

Quel endroit insolite pour gonfler quelques ballons ... Au fait, désolé pour les dégats provoqués par les confettis !